Quand et qui consulter ?

Quelques éléments de réponses aux questions que certains peuvent se poser avant de consulter un
« psy » :

Quand et pourquoi consulter ?

Vous ressentez un malaise ou un mal-être depuis trop longtemps ? Malgré des tentatives pour dépasser vos difficultés, vous avez l'impression de ne pas y arriver seul ? Tel Sisyphe remontant inlassablement son rocher, il vous semble que des situations ou des échecs se répètent. Vous éprouvez un sentiment de frustration ou d'impuissance. Il est peut-être utile de consulter un professionnel.

Les motifs de consultation les plus courants sont les difficultés relationnelles, affectives et sexuelles, le manque de confiance en soi, l'angoisse, le stress, la dépression, les problèmes de couple, une période de crise à traverser, les traumatismes, les phobies entre autres.

Finalement, ce qui est nécessaire et suffisant pour solliciter un premier rendez-vous, quelle que soit la nature de vos difficultés et de vos symptômes, réside simplement dans le fait que votre souffrance vous conduit à souhaiter un changement.

Que peut-on en attendre ?

D'une psychothérapie, il est légitime d'attendre une atténuation de la souffrance et même dans beaucoup de cas sa disparition. Les symptômes à l'origine de la démarche doivent perdre de leur intensité et ne plus constituer d'obstacles à une vie satisfaisante.

De manière plus globale, il s'agit de prendre conscience du sens des difficultés auxquelles vous êtes confrontés. Vous vous libérerez ainsi chemin faisant de certains conflits intérieurs à l'origine de tensions et blocages. Ces changements auront comme effet de vous rendre disponible une quantité importante d'énergie et une créativité retrouvée. Vous pourrez alors à partir de vos souhaits et aspirations trouver de nouveaux aménagements afin d'aboutir à un nouvel équilibre.

Une psychanalyse apporte, en plus de ce qui vient d'être dit pour une psychothérapie, un savoir sur soi, une connaissance approfondie de ce qui nous est le plus intime. En effet, l'attention portée aux manifestations de l'inconscient, permet à celui qui entreprend une psychanalyse, de devenir soi-même en se délivrant de cette part de soi qui lui échappe et qu'il ne comprend pas.

quelles sont les différences entre les psy ? Et entre les méthodes ?

L'appellation « psy » recouvre un ensemble de plusieurs professions et pratiques. Décrire le plus clairement et synthétiquement, cette complexité, est un exercice difficile. Ces quelques lignes n'ont donc pas vocation à répondre de manière exhaustive à la question mais à donner les informations essentielles pour se repérer.

On distingue quatre professions : les psychologues, les psychiatres, les psychothérapeutes et les psychanalystes.

Pour les trois premières, l'usage du titre est réglementé. Les professionnels habilités à user du titre sont inscrits sur les listes ADELI (http://fr.wikipedia.org/wiki/Automatisation_des_listes).

De plus, nombreux sont les professionnels à avoir plusieurs titres. A titre d'exemple, je suis psychologue, psychanalyste et psychothérapeute.

Les psychologues ont une formation universitaire de haut niveau en psychologie. Ils ont des connaissances leur permettant de comprendre les enjeux et les mécanismes du fonctionnement psychique. Ils proposent des entretiens ou suivis psychologiques. Ils sont aussi formés à l'utilisation des tests psychologiques et à la réalisation de bilans psychologiques. Pendant leurs études universitaires, les psychologues ne sont pas ou très peu formés à la psychothérapie ou à la psychanalyse et ils n'ont pas d'obligation à faire un travail psychothérapeutique ou psychanalytique personnel.

Les psychiatres sont des médecins titulaires d'une spécialisation en psychiatrie. Ils ont vocation à soigner les troubles mentaux les plus importants, en établissant un diagnostic et en proposant un traitement. Ils sont les seuls à pouvoir prescrire des médicaments et à être remboursés par la sécurité sociale.

Pendant leurs études universitaires, les psychiatres ne sont pas formés à la psychothérapie ou à la psychanalyse et ils n'ont pas d'obligation à faire un travail psychothérapeutique ou psychanalytique personnel.

La réglementation du titre de psychothérapeute est très récente et fait l'objet de nombreuses contestations. En effet, il est regrettable et paradoxal de constater, qu'en l'état actuel du droit, rien ne vient garantir qu'un psychothérapeute se soit formé à la psychothérapie et ait fait un travail psychothérapeutique personnel.

Des formations à la psychothérapie sont dispensées par des écoles. Elles ne sont pas sanctionnées par des diplômes. Certaines écoles sont bonnes voire excellentes, d'autres franchement douteuses.

Devant une situation aussi trouble, la vigilance est recommandée. Il convient de prendre quelques précautions en s'assurant de la formation et du parcours du psychothérapeute. Même si la formation à la psychothérapie et un travail psychothérapeutique personnel n'ont aucun caractère obligatoire, de nombreux psychothérapeutes sont des professionnels bien formés et compétents.

Le psychanalyste a fait une psychanalyse personnelle puis suivi une formation au sein d'une école ou association de psychanalystes.

La formation de psychanalyste est longue et complexe. Elle repose sur un travail psychanalytique personnel, la connaissance des théories psychanalytiques et la supervision de la pratique par un psychanalyste expérimenté.

Les psychanalystes proposent des psychanalyses mais aussi des psychothérapies d'orientation psychanalytique.

Ils appartiennent en général à une association ou une école où leur parcours et leur formation font l'objet d'une reconnaissance par les pairs. Rien ne réglementant le titre de psychanalyste, il est utile de s'assurer de la qualité de la formation du psychanalyste.

Quelles sont les différences entre les psychothérapies ?

Il existe une grande variété de méthodes mais elles se regroupent au final dans cinq grandes catégories. La psychanalyse, si elle ne se réduit pas au simple statut de psychothérapie par la nature de ce qu'elle propose, n'en demeure pas moins une psychothérapie.


Approches psychanalytiques (parfois nommées psychodynamiques)
Psychanalyse et psychothérapie psychanalytique

Cette approche repose sur la libre association. Elle s'intéresse aux manifestations de l'inconscient, aux conflits intérieurs et à la relation entre le patient et le psychanalyste dans le sens où il y a un transfert.


Approches systémiques
Thérapie familiale, thérapie systémique, thérapie de couple et consultation familiale

Cette approche met l'accent sur les relations et interactions entre les membres de la famille, qu'elle considère comme un système. La souffrance d'un ou plusieurs membres est analysée comme pouvant être la conséquence d'un dysfonctionnement du système.


Approches cognitivo-comportementales
TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementales), EMDR

Cette approche part du principe que les conduites humaines sont le produit de processus de conditionnement et d'apprentissage. Ces thérapies pratiquent un déconditionnement dans une perspective dite "symptômatique" parce qu'elle vise à éradiquer un symptôme, sans se préoccuper de l'existence d'une cause cachée. Elles travaillent sur les processus cognitifs (façon de penser), les conditionnements réflexes, les relations sociales actuelles et l'environnement.


Approches psycho-corporelles
Sophrologie, analyse bioénergétique et relaxation

Les interactions entre le somatique et le psychique sont au cœur de cette approche. La plupart de nos inhibitions, de nos conflits émotionnels ou de nos traumatismes se manifestent non seulement sur le plan psychologique mais aussi sur le plan somatique sous la forme de tensions musculaires, de perturbations respiratoires et de distorsions dans le mouvement et la motilité.


Approches humanistes et existentielles
Thérapie existentielle, gestalt-thérapie et approche centrée sur la personne

Cette approche cherche à développer la capacité à faire des choix personnels, à être acteur. Le travail thérapeutique se centre dans l'ici et maintenant avec une attention portée sur le ressenti corporel et émotionnel.


Certaines psychothérapies sont-elles plus efficaces que d'autres ?

Si des réponses existent, elles restent très partielles, en général biaisées ou même souvent partiales. De nombreuses controverses perdurent, des écoles de pensée s'affrontent dans un débat de spécialistes.

Les discussions ne sont pas près de s'éteindre. En effet, il n'existe pas aujourd'hui de consensus sur la mesure de l'efficacité. Il faudrait pour y parvenir s'entendre pour définir ce qui est visé par la psychothérapie et sur la manière de l'évaluer. D'ailleurs, une partie importante du problème repose sur la possibilité même d'une évaluation. Comment en effet démontrer, c'est-à-dire objectiver, ce qu'il en est d'un processus éminemment subjectif et singulier ?

L'état actuel des connaissances permet néanmoins d'identifier trois éléments déterminants pour la réussite d'une psychothérapie :


Il n'y a donc pas de réponse précise à cette délicate question de l'efficacité et il revient donc à chacun de choisir un professionnel en fonction de sa sensibilité aux différentes approches et de la manière dont il pense pouvoir être aidé.

Finalement quel psy choisir ? Sur quels critères ?

Certains aspects de votre démarche comme la manière dont vous vous représentez votre mal-être et l'aide dont vous pensez avoir besoin, vont probablement vous aider à orienter votre choix entre les différentes approches.

Gardez bien présent à l'esprit, que les deux éléments les plus importants sont d'une part, les qualités personnelles du professionnel, et d'autre part la possibilité de créer un espace de confiance entre vous et lui.

Quel que soit le professionnel initialement retenu, votre choix ne pourra se concrétiser que lors d'une rencontre avec lui. Il est alors primordial que vous portiez une attention toute particulière à ce qui se passe pour vous lors de la première ou des toutes premières séances.

Le contact avec le professionnel vous semble-t-il de bonne qualité ? Vous sentez-vous écouté ?

Avez-vous l'intuition qu'il se passe quelque chose (même si ce n'est pas évident de dire précisément quoi) ? Etes-vous suffisamment en confiance ?

En cas de doute, vous pouvez contacter un autre professionnel qui pourra peut-être davantage vous convenir.

Un autre conseil consiste à demander au praticien à quelle méthode et par qui, il a été formé. Si la réponse n'est pas claire, c'est mauvais signe. Un « bon » psychanalyste ou psychothérapeute a suivi une longue formation dans une méthode reconnue et il continue, pendant toute sa carrière, à se former. Par conséquent, il n'a pas à s'en cacher et doit pouvoir vous apporter quelques précisions.

Le plus important n'est pas tant la profession initiale du praticien (psychiatre, psychologue ou autre), mais sa formation effective et approfondie en psychanalyse ou en psychothérapie. Or cette formation n'est pas enseignée à l'université, ni en psychiatrie, ni en psychologie. Elle constitue donc une formation spécifique complémentaire. Il est tout à fait légitime de le demander.